Le Moulin de La Camandoule à Fayence (VAR)

Le Moulin de La Camandoule à Fayence (VAR)

1. Histoire

Le Moulin existe, d’une façon ou d’une autre, depuis le 17e siècle. L’aqueduc qui conduisait les eaux de la Camandoule au moulin a ses origines probablement du temps des romains.
D’anciennes tuiles ont été découvertes durant la construction de la piscine. L’eau entraînait la grande roue à aube, que l’on peut distinguer derrière la fenêtre à l’entrée du restaurant, elle était par la suite évacuée par un canal sous la terrasse et se jetait dans la camandre. Le mot “doule” est un diminutif provençal, Camandoule signifie petite Camandre.

A l’origine cet ancien moulin faisait probablement partie de Fayence sous la protection d’un Monsignor,
 

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La fermeture du Moulin à Huile, Histoire Vraie écrite par le dernier meunier du MOULIN DE CAMANDOULE

La fermeture du Moulin à Huile, Histoire Vraie écrite par le dernier meunier du MOULIN DE CAMANDOULE

25 juin 2007 



XXIV – Le Moulin de Camandoule 


Il y a cinquante ans, j'avais vingt ans et je rentrais dans la vie active. 
Curieuse expression que "rentrer dans la vie active" c'est comme si avant vingt ans je n'avais jamais rien fait. Mais premiers vrais souvenirs, ceux qui restent gravés dans la mémoire, je les ai réellement à partir de l'âge de six ans, c'est-à-dire depuis l'occupation de Paris par l'armée allemande et je peux dire que de six à vingt ans, pour un inactif, je peux en raconter des histoires. Voici celle que je t’ai promise. 

Une fois, je t'ai dit que j'avais toujours été intéressé par les moulins, qu'ils soient tours, à chandeliers ou caviers, qu'ils soient actionnés par l'eau ou par le vent. Ce n'est pas tout à fait exact, je m'y suis intéressé, après en avoir fait fonctionner un pendant quelques années. C'était fascinant. 

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La première pression à froid

La première pression à froid

Les olives étaient broyées par la grande meule jusqu’à ce qu’elles forment une sorte de patte (pas trop broyées afin que la pate ne gicle pas entre les Escourtins) qui était mise dans des corbeilles de paille appelées Escourtins. Elles étaient donc empilées, l’une sur l’autre, sous les presses du salon. A l’origine il y en avait quatre, dont une fut enlevée pour laisser place à une porte.

Cette première pression produit l’Huile Vierge qui est de la meilleure qualité. Elle coulait le long du canal en dessous des presses et était versée dans des seaux d’acier appelés Estagnon, (on peut en voir un dans le salon au dessus du bar près du tonneau en bois). Bien sûr, plus le contenu des Escourtins était pressé, plus il y avait production d’huile; mais le meunier astucieux, vu que la troisième presse (dont nous parlerons ci-après) représente son bénéfice, tentait de presser le moins possible pour conserver de l’huile pour lui-même. Le résidu des Escourtins s’appelle le Grignon.

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La deuxième pression à froid

La deuxième pression à froid

Les Escourtins étaient par la suite vidés et nettoyés de leurs grignons. Cette patte était alors reprise et mélangée à de l’eau chaude pour faire éclater les cellules d’huile qui n’avait pas été brisées lors du premier broyage. S’en suivait le même procédé de pression jusqu’à ce que l’huile remonte à la surface, elle était alors adroitement recueillie au moyen d’un plat d’acier peu profond muni d’une d’une longue tige appelée une feuille (vous pouvez en voir une suspendue contre le mur du salon). Le résultat de cette seconde pression donnait toujours une huile de très bonne qualité. 

Tout cela représentait un dur travail à cause de la chaleur ambiante; durant l’heure du déjeuner, les travailleurs affamés trempaient leur pain grillé dans une poêle employée pour chauffer et égoutter l’huile. On appelait cela un Casseton, et la fourchette en bois avec laquelle le pain était grillé une Roustide.

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La troisième opération appelée Ressance

Elle consistait à laver les grignons dans le deuxième moulin qui se trouve dans le restaurant d’aujourd’hui.. On y lavait les résidus avec une grande fourchette appelée Rabaillot jusqu’à ce que les noyaux descendent par un petit canal vers la présente cuisine. Finalement, les peaux étaient mises dans des nouveaux Escourtins et pressées une dernière fois, tout le jus allait ensuite dans les Infers (cave qui consistait à recueillir l’huile en surface des bassins) produisant l’huile qui constituait le bénéfice du meunier.

Les derniers restes étaient déposés dans des barriques en bois à deux anses appelés Brouquets et envoyés à Marseille pour devenir le célèbre “Savon de Marseille”.

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Fabrication de l’huile et signification des noms de chambres

Fabrication de l’huile et signification des noms de chambres

Les oliviers étaient gaulés afin de faire tomber les olives mûres qui, recueillies dans des bourras, sorte de tissus de jute, étaient mises dans de grandes corbeilles de paille et transportées au moulin par charrette à bœuf. Là, elles étaient mises dans des boisseaux (afin de mesurer les olives à la molte) appelés Tinéon et portées au dépôt qui, aujourd’hui, est la chambre Tabatière. On peut voir deux de ces seaux devant la chambre Ecurie, là où le meunier gardait ses mules.

En réalité, “Tabatière” est le nom donné au petit canal en bois par lequel les olives arrivaient dans la grande meule. On peut le voir dans le salon venant du plafond au dessus duquel se trouve la chambre de ce nom, appelée autrefois houarie où les oléiculteurs entreposaient leur récolte au fur et à mesure et où, pendant la saison de presse de Décembre à Février, il y avait environ trente tonnes d’olives. Ce poids étant très conséquent, pour le supporter Mr Tardieu eut l’idée révolutionnaire en 1900 de renforcer le plafond avec des poutres d’acier. Il conçut cette idée durant une visite à Paris où il admira la construction de la nouvelle Tour de Mr Eiffel.

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